Un gouverneur, un stylo, et des mois de démarches balayés d’un trait : mercredi, Gavin Newsom a signé une loi qui rebat les cartes pour les vétérans handicapés de Californie en quête de leur plaque d’immatriculation spécifique.
Dans l’arène politique californienne, le projet de loi 408, porté par le député Jim Frazier (D-Fairfield), vient chambouler la procédure du DMV. Désormais, le certificat attestant du handicap d’un vétéran pourra émaner non seulement du ministère fédéral des Affaires des anciens combattants, mais aussi d’un officier de service départemental (CVSO), du CalVet, ou encore d’un professionnel de santé. Une palette élargie de possibilités, bien loin de l’unique voie officielle jusque-là imposée. Pour les anciens combattants, c’est la promesse d’un passage accéléré vers l’obtention de leur plaque.
La volonté affichée par Jim Frazier était simple : raccourcir les délais, soulager les vétérans et leur éviter d’attendre des mois chaque fois qu’ils entament cette démarche. Le système conserve un niveau de contrôle élevé : les trois options de certification exigent toujours un accès à des dossiers militaires, et le DMV reste vigilant face aux risques de fraude. Le texte n’abandonne donc pas l’exigence, il la rend simplement moins labyrinthique.
La loi détaille les raisons de cette évolution. Beaucoup de vétérans se heurtaient à des délais interminables, faute de pouvoir obtenir à temps un certificat du ministère fédéral. En ouvrant la porte à d’autres autorités compétentes, le dispositif tient compte de réalités concrètes : bureaux éloignés, procédures parfois opaques, attente pénible pour celles et ceux qui, après avoir servi, se retrouvaient à patienter inutilement.
Le député Frazier n’a pas dissimulé sa satisfaction : « Au nom de tous les hommes et femmes qui servent dans nos Forces armées, je suis très heureux que le gouverneur Newsom ait signé l’AB 408, qui continue de faire fond sur la promesse que nous avons faite à nos anciens combattants. Ce projet de loi garantit qu’ils obtiendront les services en temps opportun qu’ils méritent. » Derrière la déclaration, un engagement qui ne relève pas du discours creux, mais d’une dette réelle envers ces citoyens.
Ce texte, qui aurait pu prêter à débat, a pourtant rassemblé tout le spectre politique. Aucun vote contre, ni à l’Assemblée ni au Sénat, où l’AB 408 a été approuvé 39-0 à quelques jours seulement de la clôture de la session. Un consensus rare, révélateur d’un besoin partagé et d’une injustice désormais corrigée.
Sur le terrain, le changement était attendu. Neil Duncan, avocat spécialisé auprès des vétérans, a l’habitude de recevoir des questions directes : « Pourquoi ça prend des mois ? » Pour beaucoup, la plaque d’invalidité dépasse le simple accessoire administratif. C’est la possibilité de stationner plus près, de limiter la douleur, d’éviter des efforts inutiles. « Une plaque d’invalidité peut ne pas sembler beaucoup à certaines personnes, mais elle peut être le monde pour un vétéran qui a du mal à marcher. Nous avons des vétérans de la Corée jusqu’à l’Afghanistan qui conduisent dans cet État, et c’est juste un petit changement d’injustice pour eux pour ce qu’ils ont donné. » Les élus l’ont compris : refuser ce texte, c’était s’exposer à devoir justifier l’injustifiable.
L’AB 408 deviendra réalité le 1er janvier 2021. Pour des milliers de vétérans, cette date ne sera pas une ligne de texte dans le Journal officiel, mais un tournant concret. La route administrative se dégage. À chacun désormais d’avancer, sans se heurter à la lenteur des anciens protocoles.


